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Nhu-Hoang Tran Thang en conversation sur la pratique arbitrale en solo – Paris Arbitration Week 2026

  • 26 mars
  • 3 min de lecture

Le 25 mars 2026, Nhu-Hoang Tran Thang, associée fondatrice d'Astute Dispute Resolution, a participé à l'événement inaugural Lone Rangers, organisé à l'occasion de la dixième édition de la Paris Arbitration Week.


Conçu et organisé par Janice Feigher de Feigher Dispute Resolution, avec l'aide d'Anne-Sarah Maleville, et généreusement accueilli par Jus Mundi, cet événement a réuni une communauté internationale de praticiens indépendants de l'arbitrage, aux côtés de confrères issus de cabinets de dimension plus importante souhaitant développer leur réseau dans la sphère des praticiens indépendants.


Nhu-Hoang a rejoint un panel composé de praticiens indépendants : Janice Feigher, Víctor Bonnín Reynes de VBArbitration et Tomas Vail de Vail Dispute Resolution, ainsi que Owen Lawrence, directeur général de Arbitra.


Un échange sincère sur la pratique indépendante


Plutôt qu'une présentation classique, la session a pris la forme d'un échange sincère entre praticiens ayant chacun bâti une pratique indépendante, que ce soit en tant que conseil, en tant qu'arbitre, ou les deux, enrichi par le regard d'Owen Lawrence, directeur général d'Arbitra, sur ce qu'implique la construction d'un profil d'arbitre indépendant convaincant. L'indépendance, comme l'a montré la discussion, résulte rarement d'une décision prise à un instant donné. Elle est plus souvent le fruit d'une évolution progressive, où les aspirations professionnelles finissent par l'emporter sur le confort institutionnel. La conversation a porté sur quatre thèmes principaux.


De l'équipe à la pratique solo : la décision de se lancer


Quand décide-t-on de lancer sa propre structure, et pourquoi ? Chaque intervenant est revenu sur cette question et sur les raisons ayant motivé sa propre décision, qu'il s'agisse du souhait d'entretenir une relation plus proche avec les clients et de bénéficier d'une plus grande flexibilité, ou de l'aboutissement naturel d'une carrière construite à la fois comme conseil et comme arbitre. Pour Nhu-Hoang, cette expérience complémentaire, acquise dans ces deux rôles, a constamment guidé la stratégie d'Astute Dispute Resolution depuis sa création.


Les craintes, confrontées à la réalité


Les clients suivront-ils ? Le marché est-il prêt ? Peut-on rivaliser avec des cabinets établis ? Les intervenants ont évoqué, avec franchise, les craintes qui ont accompagné leur décision de se lancer en solo. Il ressort de cet échange que la plupart de ces craintes ne se concrétisent pas de la manière anticipée. Elles évoluent plutôt vers des défis différents : le développement commercial devient plus délibéré, l'incertitude s'intègre au modèle économique de pratique, et la responsabilité devient directe, mais aussi porteuse d'autonomie.


L'avantage du praticien indépendant


Le panel a identifié des avantages concrets que les praticiens indépendants peuvent offrir, tant en tant que conseil qu'en tant qu'arbitre.


En tant que conseil, les praticiens indépendants peuvent proposer des honoraires compétitifs par rapport à ceux des plus grands cabinets, tout en s'appuyant sur une expérience acquise au sein des meilleures équipes du marché. Ils peuvent constituer des équipes ad hoc adaptées à chaque dossier, limiter les conflits d'intérêts, et rester plus directement et personnellement impliqués dans les dossiers.


En tant qu'arbitre, cette même indépendance se traduit par moins de conflits d'intérêts et une plus grande réactivité, des atouts de plus en plus appréciés tant par les parties que par les institutions.


Conseils aux consoeurs et confrères qui envisagent de franchir le pas


Le panel a clos cette partie de la discussion par des conseils pratiques à l'attention des praticiens envisageant une transition vers l'exercice indépendant. Il n'existe pas de moment parfait, seulement une transition bien préparée. Le réseau d'un praticien constitue souvent son atout le plus précieux, et la clarté de son positionnement, ce que l'on propose, et à qui, est essentielle dès le départ. L'indépendance, selon les intervenants, exige autant de discipline entrepreneuriale que de compétences juridiques.


Les perspectives : construire un réseau structuré de praticiens indépendants


Au-delà du contenu des échanges, l'événement Lone Rangers porte une ambition plus large. Conçu par Janice Feigher comme un moyen de fédérer les praticiens indépendants, il se veut le premier d'une série d'événements similaires appelés à se tenir dans différentes juridictions, avec pour objectif de bâtir un réseau structuré entre praticiens indépendants de l'arbitrage à travers le monde.


Le panel s'est également penché sur ce que cette tendance pourrait signifier pour la profession dans son ensemble : une multiplication continue des pratiques indépendantes, avec la possibilité que certaines d'entre elles se regroupent en structures plus restreintes et plus agiles, dans un contexte où les grands cabinets comptent de moins en moins de praticiens dédiés à l'arbitrage au sein de leurs équipes. Comme l'a résumé Janice Feigher en décrivant la communauté réunie ce matin-là, les praticiens indépendants s'apparentent moins à des « boutiques » qu'à des « foodtrucks » : mobiles, agiles, offrant un service sur mesure à des tarifs compétitifs, sans le budget de développement commercial et les coûts non dédiés aux clients des plus grands cabinets.


L'indépendance, comme l'a clairement montré cette session, n'est pas synonyme d'isolement. Elle pourrait au contraire annoncer l'émergence d'un écosystème connecté de praticiens indépendants.


Seul, mais jamais isolé.


 
 
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